Il y a parfois un décalage étrange entre ce que l’on fait chaque jour et la valeur que l’on accorde à ce que l’on fait.
- Accompagner un jeune qui refuse tout dialogue.
- Trouver les mots pour rassurer une famille.
- Observer un changement de comportement presque imperceptible.
- Réajuster un accompagnement.
- Participer à une réunion d’équipe.
- Écrire une transmission.
- Construire un projet avec une personne accompagnée.
- Contacter un partenaire.
- Gérer une situation de crise sans perdre de vue la personne qui se trouve derrière le comportement.
Lorsque ces gestes font partie du quotidien depuis plusieurs années, ils finissent par sembler ordinaires.
« Je fais simplement mon travail. »
Et pourtant, lorsque l’on s’engage dans une VAE pour obtenir le Diplôme d’État d’éducateur spécialisé (DEES), c’est précisément dans ce quotidien professionnel que se trouvent les expériences qui peuvent permettre de démontrer ses compétences.
La difficulté n’est donc pas seulement d’avoir de l’expérience.
Elle consiste à apprendre à la regarder autrement.
Alors, pour une VAE éducateur spécialisé, quelles expériences valoriser et comment sélectionner les situations les plus pertinentes ?
Ce que recherche le jury d'une VAE éducateur spécialisé
Une VAE n’est pas un concours de celui ou celle qui aura vécu la situation la plus spectaculaire.
Le jury ne recherche pas nécessairement des histoires extraordinaires.
Il cherche à comprendre comment vous agissez en professionnel.
- Pourquoi avez-vous pris telle décision ?
- Qu’avez-vous observé ?
- Comment avez-vous analysé la situation ?
- Quels besoins avez-vous identifiés ?
- Quelle place avez-vous laissée à la personne accompagnée ?
- Avec qui avez-vous travaillé ?
- Comment avez-vous adapté votre posture ?
- Qu’avez-vous évalué ?
- Et avec le recul, feriez-vous exactement la même chose aujourd’hui ?
C’est là que réside une difficulté importante de la VAE.
Vous connaissez votre métier de l’intérieur. Le jury, lui, ne voit pas vos journées.
Il ne sait pas tout ce que vous faites.
Vous devez donc lui permettre de le comprendre à travers les situations que vous choisissez de présenter.
Une expérience intéressante pour une VAE éducateur spécialisé n’est pas seulement une situation dans laquelle vous avez beaucoup agi.
C’est une situation qui permet de montrer comment vous observez, analysez, construisez, coopérez, ajustez et prenez du recul sur votre pratique.
Valoriser ses expériences d'accompagnement éducatif
L’accompagnement éducatif est naturellement au cœur de l’expérience à valoriser.
Mais écrire « j’accompagne des jeunes en difficulté » ou « j’aide les personnes dans les actes de la vie quotidienne » ne suffit pas.
Il faut aller chercher ce qui se passe derrière ces phrases.
Prenons une situation.
Une personne refuse soudainement de participer à une activité qu’elle appréciait auparavant.
Que faites-vous ?
Vous pourriez simplement raconter que vous avez échangé avec elle.
Mais ce qui intéresse réellement dans votre expérience professionnelle est beaucoup plus riche.
- Qu’avez-vous observé ?
- Qu’est-ce qui vous a alerté ?
- Avez-vous formulé des hypothèses ?
- Comment êtes-vous entré en relation avec la personne ?
- Avez-vous modifié votre manière de communiquer ?
- Avez-vous échangé avec l’équipe ?
- Votre analyse a-t-elle évolué ?
- Avez-vous dû revoir votre accompagnement ?
C’est cette profondeur qui transforme le récit d’une situation quotidienne en démonstration de compétences professionnelles.
La VAE demande ainsi de passer du : « Voilà ce que j’ai fait. » au : « Voilà pourquoi je l’ai fait, comment je l’ai fait et ce que j’en ai compris. »
Valorisez votre expérience avec un parcours VAE
Vous avez l’expérience mais pas le diplôme pour décrocher ce poste, obtenir cette promotion, négocier un meilleur salaire ou être reconnu.e à votre juste valeur ?
La VAE est faite pour vous. Chez Assonance, on vous accompagne à chaque étape de votre parcours VAE.
Le projet individualisé : montrer comment vous construisez avec la personne
Un autre terrain particulièrement riche concerne la participation à l’élaboration et au suivi du projet individualisé ou personnalisé de la personne accompagnée.
Là encore, il ne suffit pas d’écrire que vous avez participé à un projet.
Le jury doit pouvoir comprendre votre rôle.
- Comment recueillez-vous les attentes de la personne ?
- Comment identifiez-vous ses besoins ?
- Comment prenez-vous en compte son histoire, son environnement, ses capacités et ses difficultés ?
- Quelle place lui donnez-vous dans les décisions qui la concernent ?
- Comment définissez-vous des objectifs ?
- Comment les traduisez-vous en actions concrètes ?
- Comment évaluez-vous leur évolution ?
- Et que faites-vous lorsque le projet initial ne fonctionne pas comme prévu ?
Une situation particulièrement intéressante peut être celle dans laquelle vous avez dû réajuster votre accompagnement.
Parce que le travail éducatif n’est pas une ligne droite. Une personne évolue. Son environnement change. Une difficulté apparaît.
Un objectif que l’on pensait pertinent ne l’est finalement plus.
Savoir observer cette évolution et modifier son intervention montre justement que l’on ne se contente pas d’appliquer un projet.
On le fait vivre.
Le travail en équipe : sortir du « je fais » pour montrer le « nous construisons »
Dans les métiers éducatifs, on n’accompagne jamais réellement seul.
Même lorsque vous êtes seul face à une personne à un instant donné, votre intervention s’inscrit dans un cadre institutionnel et dans un travail collectif.
Les situations liées au travail en équipe sont donc particulièrement importantes à valoriser.
Réunions. Transmissions. Écrits professionnels. Analyse d’une situation. Désaccord entre professionnels. Coordination autour d’une personne. Réflexion sur une posture éducative. Réajustement collectif d’un accompagnement.
Une situation dans laquelle tout le monde était immédiatement d’accord n’est d’ailleurs pas toujours la plus intéressante.
Un désaccord professionnel peut parfois révéler beaucoup de compétences.
- Comment avez-vous exprimé votre point de vue ?
- Sur quels éléments vous êtes-vous appuyé ?
- Avez-vous su entendre une autre analyse ?
- Comment l’équipe est-elle arrivée à une décision ?
- Quelle place avez-vous prise dans cette réflexion ?
L’objectif n’est pas de montrer que vous aviez raison.
Il est de montrer votre capacité à inscrire votre action dans une réflexion professionnelle collective.
Le partenariat : montrer que l'accompagnement dépasse les murs de l'établissement
La vie d’une personne accompagnée ne s’arrête pas à la porte d’un établissement ou d’un service.
Il y a la famille. L’école. Les professionnels de santé. Les services sociaux. Les associations. Les structures d’insertion. Les institutions.
Et parfois de nombreux autres acteurs.
Votre expérience du travail en partenariat et en réseau peut donc constituer une matière particulièrement intéressante dans une démarche de VAE éducateur spécialisé.
Mais là encore, écrire « j’ai contacté le partenaire » raconte peu de choses.
- Pourquoi avez-vous eu besoin de ce partenaire ?
- Quel était l’objectif ?
- Quelle information pouviez-vous transmettre ?
- Quelle était votre place et quelle était la sienne ?
- Comment avez-vous articulé les interventions ?
- Qu’est-ce que ce partenariat a apporté à la personne accompagnée ?
- Avez-vous rencontré des difficultés ?
- Comment les avez-vous dépassées ?
Ce qui compte n’est pas le nombre de partenaires que vous connaissez.
C’est votre capacité à comprendre que l’accompagnement se construit avec d’autres, dans l’intérêt de la personne.
Quelles situations sélectionner pour sa VAE éducateur spécialisé ?
C’est souvent ici que les candidats hésitent le plus.
Parce qu’après plusieurs années d’expérience, il peut y avoir des dizaines, voire des centaines de situations possibles.
Et une question revient : « Laquelle dois-je choisir ? »
La tentation est souvent de sélectionner la situation la plus difficile. La plus impressionnante. La plus émouvante.
Celle dont on se souvient encore plusieurs années après.
Mais ce n’est pas nécessairement la meilleure.
Une situation pertinente est avant tout une situation qui vous permet de rendre visibles plusieurs dimensions de vos compétences et de les mettre en perspective avec le référentiel du diplôme visé.
Cherchez des situations dans lesquelles vous avez réellement eu une place.
- Des situations dont vous vous souvenez suffisamment précisément pour expliquer votre raisonnement.
- Des situations qui permettent de parler de la relation éducative, mais également de l’observation, du projet, du travail d’équipe, des écrits professionnels, de l’institution ou du partenariat.
- Et surtout, privilégiez les situations sur lesquelles vous êtes capable de prendre du recul.
Car le jury ne cherche pas uniquement à savoir ce que vous avez fait.
Il cherche aussi à percevoir le professionnel que vous êtes devenu à travers cette expérience.
Votre expérience vaut davantage que la liste de vos missions
Lorsque l’on commence une VAE, il arrive que l’on regarde le référentiel du DEES avec une certaine inquiétude.
Les mots semblent techniques. Les compétences nombreuses.
Et l’on peut avoir cette impression : « Je ne fais pas tout cela. »
Puis on commence à reprendre les situations une par une.
- Cette jeune personne que vous avez accompagnée pendant des mois.
- Cette famille avec laquelle il a fallu construire une relation de confiance.
- Ce projet que vous avez réajusté.
- Cette réunion pendant laquelle votre observation a permis de regarder une situation autrement.
- Ce partenaire que vous avez mobilisé.
- Cet écrit professionnel que vous avez construit pour permettre à d’autres de comprendre la situation.
Et progressivement, les compétences apparaissent.
Elles étaient déjà là.
Elles étaient simplement cachées dans le quotidien.
C’est aussi tout l’enjeu d’une démarche de VAE : apprendre à passer de l’expérience vécue à l’expérience analysée.
- À mettre des mots sur ce que l’on fait parfois presque instinctivement.
- À comprendre ses choix professionnels.
- À relier sa pratique au référentiel du diplôme.
- Et à sélectionner les situations qui permettront au jury de comprendre la réalité de ses compétences.
Chez ASSONANCE, nous avons accompagné une centaine de personnes dans leur parcours VAE.
Et nous le constatons régulièrement : les candidats ont parfois beaucoup plus de compétences qu’ils ne le pensent lorsqu’ils commencent à regarder leur parcours.
Parce qu’à force de faire, on oublie parfois tout ce qu’il a fallu apprendre pour savoir faire.
Vous envisagez une VAE éducateur spécialisé ?
Vous avez de l’expérience dans le secteur éducatif ou social, mais vous ne savez pas si elle correspond suffisamment aux attendus du Diplôme d’État d’éducateur spécialisé ?
Avant d’aller plus loin, il peut être utile de commencer par analyser votre parcours et de mettre votre expérience en regard du référentiel du diplôme.
Faites analyser votre expérience avec ASSONANCE.
Nous pourrons échanger sur votre parcours, les fonctions que vous avez exercées et la cohérence de votre expérience avec votre projet de VAE.
Retrouvez également notre page dédiée à la VAE DEES – Diplôme d’État d’éducateur spécialisé.
Car avant de chercher les bons mots pour raconter son expérience, il faut d’abord comprendre tout ce qu’elle dit déjà de vos compétences.
FAQ - VAE éducateur spécialisé et expérience
Non. Ce qui compte, c’est que votre expérience soit en lien avec les compétences du référentiel du diplôme. Des fonctions de moniteur-éducateur, d’accompagnant éducatif et social, d’animateur ou d’assistant d’éducation peuvent être valorisées, selon les missions réellement exercées.
Oui. La VAE prend en compte l’ensemble de vos activités en lien avec le diplôme : expériences salariées, non salariées, bénévoles ou de volontariat. L’essentiel est de pouvoir décrire et analyser précisément ce que vous y avez fait.
Pas forcément. Une situation marquante n’est pas toujours la plus pertinente. Mieux vaut choisir une situation qui vous permet de montrer plusieurs compétences (observation, relation éducative, projet, travail d’équipe, partenariat) et sur laquelle vous pouvez prendre du recul.
Le jury peut prononcer une validation partielle. Les blocs de compétences validés restent acquis, et vous pouvez compléter les autres par une formation, une nouvelle expérience ou un complément à votre dossier, selon les préconisations du jury.




